Pouvoirs magiques

La sorcellerie moderne est souvent abordée sous l’angle de la spiritualité, du rapprochement avec la nature, et de la religion avec tous ses gestes rituels. Je ne fais pas exception à cette règle sur mon site puisque je parle beaucoup de la Wicca ainsi que des sortilèges, des rituels, des formules magiques et des potions.

Mais malgré la fascination qu’exercent les incantations, les cercles magiques et l’invocation des divinités, il ne faut pas oublier que la sorcellerie n’exige pas toujours des rituels et des appels à des forces extérieures comme les Dieux et les éléments: être sorcier signifie détenir ses propres pouvoirs !

Pouvoirs passifs et actifs
Dans le domaine de la magie, un "pouvoir" signifie un don que possède une personne. C’est une capacité ou un talent intrinsèque du pratiquant, qui fait partie de son âme et qui est offert par les Dieux. On peut essentiellement distinguer deux types de dons magiques: les pouvoirs passifs et actifs.

Les pouvoirs passifs sont la base même de la magie. Ce sont des forces subconscientes qui ne se manifestent pas directement, et qui ont besoin d’être mises en action par des gestes symboliques que pose le sorcier. Il s’agit par exemple de la sensibilité aux énergies des éléments, de la compatibilité avec certains esprits ou certaines forces de la nature; bref, c’est la connexion du sorcier avec le surnaturel.

Cette connexion entre en action lorsque le sorcier récite une incantation, libérant diverses énergies qui sont guidées vers leur but par les mots prononcés. Lors de la préparation d’une potion, la volonté du sorcier fait jaillir des plantes et des herbes toutes sortes d’énergies et charge le mélange avec cette force. Durant un rituel, les pensées du sorcier se projettent pour transmettre les prières et invocations aux esprits, aux éléments et aux Dieux. Lors de la divination avec le tarot, le pendule, les lignes de la main, les runes ou autre intermédiaire, la sensibilité spirituelle du sorcier lui permet de capter des signes de l’avenir à travers un geste plus ou moins ritualisé. Bref, sans les pouvoirs passifs, une incantation n’est qu’un petit poème sans effet, une potion n’est qu’une tisane, et une cérémonie est une perte de temps particulièrement théâtrale !

Les pouvoirs passifs sont donc des talents communs à presque tous les sorciers et sorcières: nous pouvons tous prononcer des formules, invoquer des esprits, faire des potions et utiliser des instruments de divination. Évidemment, chacun d’entre nous a ses préférences, ses points forts et ses points faibles parmi ces dons fondamentaux.

Les pouvoirs actifs sont des atouts supplémentaires qui ne sont pas essentiels pour pratiquer la sorcellerie. Ce sont des dons que l’on peut mettre en action directement juste à l’aide de la volonté ou de certaines émotions déclencheuses, sans utiliser aucun rituel, ni ingrédient, ni incantation. C’est une forme de magie dont l’énergie se trouve déjà à l’intérieur du sorcier et est accessible directement, donc qui n’exige pas d’appeler ou d’invoquer quoi que ce soit. Il y a une infinité de pouvoirs actifs; quelques exemples célèbres sont la télépathie, la télékinésie, les prémonitions, et la projection astrale. Le plus répandu des pouvoirs actifs est la seconde vue, soit la capacité de voir des choses qui sont invisibles pour la plupart des humains (les fantômes, les esprits, les auras…)

Pour bien distinguer les pouvoirs passifs et actifs, prenons l’exemple de la divination. Supposons que j’apprends une mauvaise nouvelle: une personne X de mon entourage est malade et a été hospitalisée. Je me demande si elle a besoin d’un sortilège de guérison pour l’aider. Faisons deux scénarios tout à fait plausibles dans ma vie de tous les jours…

Scénario A – Je décide de faire un tirage de tarot à son sujet. Je mêle les cartes en me concentrant sur la santé de X et j’étale plusieurs arcanes que j’interprète grâce à ma connaissance de la valeur symbolique des cartes. Les cartes désignant l’avenir sont très encourageantes; je conclus que tout ira pour le mieux et qu’il est inutile d’interférer magiquement avec ce processus de guérison déjà bien enclenché.

Scénario B – Je remets mon idée de tirage de tarot à plus tard et je vais plutôt rendre visite à X à l’hôpital. En lui serrant la main à mon arrivée dans sa chambre, je sursaute et pendant une fraction de seconde (qui me semble durer bien plus longtemps) mes pensées sont envahies par des scènes qui semblent aussi réelles que si je m’y trouvais. Dans ma vision, le médecin de X est à son chevet; je l’entends dire qu’il est rassuré et qu’il lui donne son congé. Puis je vois X chez elle, se réjouissant de retourner à son travail bientôt; ensuite j’ai un petit flash de X pratiquant son sport préféré comme si de rien n’était. Je reviens dans le présent et X, à qui je suis encore en train de serrer la main stupidement, me demande si elle m’a fait sursauter. Je me défile en disant que j’ai juste le hoquet, et je prends bonne note mentalement qu’il vaut mieux ne pas faire de sort puisque la guérison est déjà en route.

Évidemment, le scénario A est un exemple des pouvoirs passifs communs des sorciers: c’est une divination à l’aide d’un geste ritualisé et d’un outil intermédiaire. Le scénario B est un exemple de pouvoir actif, où je n’ai eu besoin d’aucun intermédiaire: j’ai tout simplement le don de prémonition, et le fait de toucher une personne ou un objet est souvent un déclencheur pour mes visions.

Réceptivité et projectivité
En plus de distinguer des pouvoirs actifs et passifs, on peut aussi les diviser selon qu’ils sont projectifs ou réceptifs. C’est une différence terriblement simple: un pouvoir réceptif agit en recevant de l’énergie, alors qu’un pouvoir projectif émet de l’énergie.

Ainsi le don de prémonition de mon exemple précédent est tout à fait réceptif: il n’a envoyé aucune énergie à qui que ce soit, il n’a fait que capter des échos de l’avenir et les traduire en sons et en images dans mon esprit. D’autres pouvoirs réceptifs incluent l’empathie (lire les émotions des autres à distance) et la seconde vue (voir les esprits et autres forces invisibles). Les pouvoirs réceptifs ont généralement l’environnement comme point de départ, et produisent leurs effets dans l’esprit du sorcier.

Les pouvoirs projectifs ont plutôt le sorcier comme point de départ, et produisent des effets sur l’environnement autour de lui en y libérant de l’énergie. La célèbre et rare télékinésie, le don de déplacer les objets par la pensée, en est un exemple: elle produit de l’énergie cinétique qu’elle projette sur un objet, ce qui le fait bouger.

Comme les pouvoirs actifs de type projectif peuvent affecter le monde qui entoure le sorcier, ce sont eux qui sont responsables (parfois coupables !) des effets magiques les plus spectaculaires. C’est à cause d’eux que des objets peuvent mystérieusement exploser à proximité d’un certain sorcier en colère, que le vent peut se mettre à souffler quand une sorcière éclate de rire, que des appareils électroniques peuvent se détraquer dès qu’un mage devient stressé à proximité… Mais au delà de leurs manifestations étranges déclenchées par les émotions des sorciers, les pouvoirs projectifs peuvent devenir de grands atouts une fois qu’on apprend à les contrôler et à les déclencher sur commande.

Commencement et développement des pouvoirs actifs
Alors que les pouvoirs passifs (tels que la sensibilité aux esprits et la compatibilité avec les éléments) semblent être parfois présents dès l’enfance, on ne naît pas avec des pouvoirs actifs. Ces pouvoirs ont un début, un moment auquel le sorcier les reçoit des Dieux pour la première fois (ou encore, un moment où ils se réveillent après avoir dormi depuis une vie antérieure).

En général, un nouveau pouvoir n’apparaît chez un sorcier qu’au moment où il est suffisamment mature pour apprendre à le maîtriser et en faire bon usage. Fait intéressant, les nouveaux dons s’éveillent souvent à des dates symboliquement importantes, comme au sabbat de Samhain, à l’anniversaire du sorcier, ou le jour d’une grande réalisation pour laquelle le sorcier a beaucoup travaillé.

Une fois qu’un sorcier reçoit un nouveau pouvoir actif, celui-ci est définitif. Un pouvoir fait partie de l’âme du pratiquant et rien ni personne ne peut le lui enlever, à moins que le sorcier lui-même ne récite une formule de renoncement où il souhaite rendre ses dons aux Dieux, ou que les Dieux eux-mêmes jugent qu’il faut les lui retirer.

Les pouvoirs actifs tendent à grandir en suivant les trois phases du développement magique: découverte et enthousiasme (que l’on appelle la phase Isis), moment creux d’hibernation (la phase Apophis), puis retour avec plus de force (la phase Osiris). Malgré des hauts et des bas, il y a donc une tendance générale vers l’amélioration.

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