Les Dieux

Les divinités, quel sujet fascinant ! La sorcellerie prise isolément peut sembler, à première vue, n’être qu’un ensemble de traditions et de techniques pour utiliser les énergies de la nature et jeter des sorts… Mais avec une approche spirituelle païenne telle que la Wicca, la sorcellerie devient en fait une véritable religion.

Plusieurs facettes du même diamant
Les religions cherchent en général à répondre aux questions existentielles des humains, afin de leur fournir une vision du monde englobante, réconfortante et pourvue de sens. Dans leur questionnement, la plupart des religions reconnaissent qu’il doit exister une force ou un être suprême; dans les sociétés occidentales, on l’appelle souvent « Dieu » et, à cause des religions abrahamiques monothéistes très répandues, beaucoup de gens ont tendance à l’imaginer comme un personnage humain masculin, une sorte de figure paternelle. La plupart des Wiccans et des sorciers, par contre, puisent leur image de l’être suprême dans les vieilles croyances polythéistes des civilisations anciennes: le divin étant trop mystérieux et dépassant trop l’entendement, il est plus facile de le vénérer un visage à la fois ! Chaque Dieu et Déesse des néo-païens représente un aspect du divin, comme une petite facette d’un immense diamant.

L’Homme et la Femme
La plus facile des divisions à faire pour se forger une image du divin consiste à séparer l’être suprême de la même façon que notre espèce est divisée: en deux sexes. Les Wiccans sont donc duothéistes et croient en une Déesse et un Dieu. Comme les fondements centraux de la Wicca viennent des croyances celtiques, les deux divinités les plus souvent vénérées sont d’origine celte. Le féminin sacré est représenté par la Dame Blanche, une Déesse triple qui est à la fois jeune fille, mère et grand-mère; par ses trois âges elle symbolise l’amour, la fertilité et la sagesse. Son complément masculin est le Seigneur Cornu, basé sur l’ancien Dieu celte Cernunnos, symbolisant la force, la volonté et le courage.

La Déesse et le Dieu ont une importance et une puissance parfaitement égale, et se complètent l’un et l’autre. Cependant, il y a des sorciers qui vénèrent abondamment la Déesse et invoquent très peu le Dieu; certains agissent ainsi par ignorance et immaturité, mais d’autres privilégient la Déesse par souci d’équilibre, étant donné que les grandes religions du monde actuel sont démesurément centrées sur un Dieu masculin.

Une multitude de noms
La Dame Blanche et le Seigneur Cornu ne sont évidemment pas les seules divinités de la sorcellerie. Puisque les sorciers considèrent toute divinité comme l’un des noms donnés au même être suprême, cela signifie qu’ils peuvent prier et invoquer les Dieux de n’importe quelle religion du monde. Évidemment, chaque divinité symbolise des qualités et des forces différentes; pour invoquer un Dieu ou une Déesse correctement et dans les bonnes circonstances, il faut donc se donner la peine de faire des recherches sur son histoire, sur les mythes de sa religion d’origine, et sur ses traits de personnalité. Il est important de choisir avec soin les Dieux que l’on invoque pour ressentir une bonne connexion spirituelle avec eux.

Par exemple, un sorcier qui prévoit jeter un sort de guérison et qui veut demander une aide divine pourrait fouiller dans ses livres à la recherche d’un Dieu guérisseur dont la personnalité est compatible avec la sienne ou avec la personne à guérir. S’il choisit une divinité égyptienne, il pourra adapter son sort de guérison en brûlant un encens égyptien ou en écrivant sa formule sur du papyrus, alors que pour appeler un Dieu scandinave il emploierait plutôt des runes. Il devra faire bien attention de ne pas appeler un Dieu qu’il ne connaît pas du tout, ou pire un Dieu en qui il ne croit pas, car alors il n’y aura pas d’authentique lien spirituel avec la divinité, et prononcer son nom dans une formule ne signifiera pas grand-chose; l’invocation risquerait même d’être captée au vol par un démon ou autre esprit malveillant qui pourrait saboter le rituel.

Les Patrons
Une divinité patronne est une facette du divin que l’on a choisie parmi toutes les autres, par affection et compatibilité personnelle. C’est une divinité spéciale que l’on privilégie dans les rituels et les prières, et à qui on se sent lié de façon intime.

Certains sorciers sont très éclectiques, leur intérêt virevolte d’un panthéon à l’autre au gré des saisons et des circonstances, et ils préfèrent ne pas choisir de patron. D’autres sont très exclusifs, et vénèrent un patron unique durant toute une vie. La majorité des sorciers se situent entre les deux: ils ont une préférence, mais peuvent changer de patrons à long terme selon leurs expériences de vie.

Ayant en tête la dualité homme-femme, les Wiccans ont tendance à choisir deux divinités patronnes: un Dieu et une Déesse. Le choix est parfois simplifié par le fait que dans les mythes anciens bon nombre de Dieux forment déjà des couples. Un adorateur de Zeus peut donc lui adjoindre Héra, alors qu’Isis forme la paire avec Osiris. Mais ce n’est pas toujours aussi simple, et il est tout à fait possible d’avoir deux patrons provenant de mythologies complètement différentes.

Le meilleur moyen de choisir une divinité patronne est généralement de lire sur la mythologie de diverses civilisations. Le premier pas consiste à choisir quelle mythologie semble la plus attirante: se sent-on plus confortable avec les Dieux celtes, égyptiens, nordiques, aztèques, mésopotamiens, hindous ? Une fois que l’on se sent bien dans une atmosphère mythique particulière, on peut y chercher une divinité qui nous ressemble en termes d’intérêts, de personnalité et de talents; d’autres chercheront au contraire une divinité possédant les qualités qui leur manquent, une sorte de modèle à qui ils aimeraient ressembler. On peut aussi tenter de trouver une divinité qui correspond à nos dons magiques. Quand on trouve un Dieu ou une Déesse particulièrement agréable à vénérer, on peut lui consacrer une dédication, c’est-à-dire un rituel où on demande à cette divinité de tisser un lien intime avec nous, et où on promet d’être fidèle aux valeurs qu’elle représente.

Il arrive parfois qu’on ait nullement besoin de chercher une divinité patronne, car il y a d’emblée une divinité qui nous est très chère. Ainsi, certains sorciers adopteront les mêmes Dieux que leurs parents ou leur mentor; d’autres vivront un évènement spécial en présence d’une divinité, et l’aimeront définitivement par la suite; quelques-uns se rappelleront une divinité marquante d’une vie antérieure, et renoueront un lien ancien.

Quel que soit le moyen de créer le contact avec le divin, l’important est de ne pas considérer la sorcellerie comme une simple panoplie de techniques, de formules et de recettes de potions. La magie est une force innée, et cette force nichée à l’intérieur de chaque sorcier est un don des Dieux.

%d blogueurs aiment cette page :