Les phases de la magie

Comme tout autre talent, les pouvoirs magiques d’un sorcier évoluent avec le temps et avec la pratique. Ils ont des hauts et des bas, et ils changent parfois du tout au tout, si bien qu’à court terme il peut même leur arriver de s’affaiblir – mais à long terme, ils s’améliorent presque toujours.

En fait, c’est parce que la magie suit un cycle du pouvoir, formé de trois étapes qui se répètent. Elles sont souvent nommées à partir de la mythologie égyptienne: Isis (c’est le nom d’une puissante Déesse universelle, maîtresse de la magie et de la protection, l’épouse d’Osiris), Apophis (un atroce serpent démoniaque souhaitant détruire l’univers), et enfin Osiris (le puissant Dieu du renouveau et de la nature, ramenant les morts à une nouvelle vie). Voici le portrait habituel de chacune de ces étapes:

Isis: période ou le sorcier découvre des pouvoirs, des talents ou des intérêts nouveaux. L’émotion du moment, le plaisir de la découverte et les surprises abondent et apportent de la motivation. Les sortilèges fonctionnent assez bien, la magie surprend et donne des résultats parfois impressionnants. De nouvelles idées et des projets peuvent surgir, ne demandant qu’à se réaliser. C’est en quelques sortes un « stade chenille »…

Apophis: c’est la période creuse, où le sorcier semble avoir moins de temps et d’énergie à consacrer à la magie, mais en fait c’est aussi et surtout la motivation qui diminue. Souvent, des questions ou des doutes commencent aussi à assaillir le pratiquant. Durant les rituels, certains sorciers et sorcières peuvent même en venir à se demander si ce qu’ils font a du sens et n’est pas tout simplement de la folle superstition. L’utilité de la magie n’est pas évidente dans ces moments-là, et les croyances sont moins solides. Il arrive que des sorts ne fonctionnent pas du tout, et les bonnes surprises se font plus rares. Bref, la magie elle-même devient déprimante, comme si ses avantages et ses bons côtés s’enfermaient dans un cocon et s’y endormaient. Le sorcier a alors le choix entre plusieurs attitudes:

a) abandonner la magie car elle est trop décourageante, demande trop de temps ou d’efforts, ou pire parce qu’il n’y croit plus…

b) commencer à étudier un tout autre domaine de la magie, où il reste encore beaucoup de choses à découvrir, pour retrouver sa motivation et repartir à neuf dans une autre phase Isis…

c) persévérer malgré les difficultés passagères et tenter de ressentir et de comprendre ce qui se passe.

Osiris: voilà la phase où le papillon émerge de son cocon ! Cette phase est atteinte après avoir persévéré malgré une période creuse. Après quelques temps (cela peut prendre des jours, des mois, très rarement des années), la magie est de retour. Les pouvoirs du sorcier fonctionnent de nouveau, mais pas de la même façon qu’avant: ils sont plus forts, plus profondément connectés à sa personnalité, et ils lui obéissent mieux. En même temps, reviennent aussi le plaisir et la motivation, mais avec un grain de compréhension, de confiance et de maîtrise supplémentaire: c’est ce que l’on appelle de la sagesse.

Voilà le cycle du pouvoir. Chaque fois que ces étapes sont franchies, la phase Osiris peut éventuellement se transformer en une nouvelle phase Isis et recommencer le cycle, amenant le sorcier à devenir toujours plus sage et plus puissant.

Cependant, les différents pouvoirs d’un sorcier n’évoluent pas nécessairement tous en même temps. Si un sorcier possède plusieurs pouvoirs, et qu’un seul d’entre eux s’affaiblit et entre en Apophis alors que les autres restent fonctionnels, c’est sans doute que le présent cycle est entièrement consacré à ce pouvoir, et que c’est lui seul qui va bientôt s’améliorer.

%d blogueurs aiment cette page :